Quand Hollywood collaborait avec les nazis : l'histoire cachée du cinéma américain
Hollywood et les nazis : l'histoire cachée du cinéma

Quand Hollywood collaborait avec les nazis : l'histoire cachée du cinéma américain

Le documentaire de Rubika Shah, "The Mad Dog of Europe", plonge dans une période sombre et méconnue de l'histoire du cinéma : les cinq années durant lesquelles Hollywood a flirté avec le nazisme et l'antisémitisme. À travers le projet avorté d'un film visionnaire sur l'ascension d'Hitler, le film révèle comment la Mecque du cinéma a entretenu des relations troubles avec le régime nazi.

L'infiltration nazie dans les studios hollywoodiens

Dès le milieu des années 1930, un phénomène inquiétant se produit dans les studios américains : il n'y a plus un seul technicien juif employé par les majors hollywoodiennes. Cette situation est d'autant plus paradoxale que ces studios sont dirigés par des juifs influents :

  • Louis B. Mayer à la MGM
  • Harry Cohn à la Columbia
  • Darryl F. Zanuck à la 20th Century Fox

Ces dirigeants, pourtant issus de la communauté juive, ont laissé s'installer progressivement l'influence nazie et l'antisémitisme au cœur même de l'industrie cinématographique américaine. Les nazis avaient parfaitement compris le pouvoir gigantesque du cinéma comme outil de propagande et d'influence culturelle.

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Le projet visionnaire de Herman J. Mankiewicz

Au centre de cette histoire se trouve le scénario "The Mad Dog of Europe", écrit par Herman J. Mankiewicz en 1933, immédiatement après l'élection d'Hitler comme chancelier d'Allemagne. Mankiewicz, brillant scénariste new-yorkais issu d'une famille d'intellectuels, était réputé pour insuffler esprit et finesse aux comédies frivoles qu'on lui commandait.

Ce projet représentait l'œuvre de sa vie, selon ses propres termes. Pourtant, le film ne fut jamais tourné, demeurant la grande blessure du futur scénariste de "Citizen Kane". Mankiewicz mourra à 55 ans, rongé par l'alcool et le regret de ne pas avoir pu réaliser ce film prophétique sur la montée du nazisme.

Une page d'histoire souvent occultée

Le documentaire de Rubika Shah met en lumière cette facette peu glorieuse de l'histoire du cinéma, longtemps passée sous silence. Il révèle comment, malgré la présence de dirigeants juifs aux commandes des studios, Hollywood a:

  1. Accepté l'influence croissante des idées nazies
  2. Permis l'éviction progressive des techniciens juifs
  3. Ignoré les avertissements concernant la menace hitlérienne

Cette période de cinq ans, de 1933 à 1938, montre comment l'industrie cinématographique américaine a choisi le pragmatisme économique face à la montée du fascisme, préférant préserver ses marchés européens plutôt que de prendre position contre le régime nazi naissant.

"The Mad Dog of Europe" nous rappelle ainsi que le cinéma, souvent présenté comme un art progressiste et humaniste, a lui aussi ses zones d'ombre et ses compromissions historiques. Le documentaire de Rubika Shah offre une réflexion nécessaire sur les responsabilités de l'industrie culturelle face aux régimes autoritaires.

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