Gravity : une aventure spatiale acclamée par la critique et le public
« Une aventure spatiale hallucinante », écrivait Le Point à la sortie de Gravity en 2013. Cet avis était quasi unanime, tant dans la presse que parmi les spectateurs en salle. Soyons clairs, le film ne brille pas particulièrement par son scénario, finalement pas très audacieux : il raconte l'histoire d'une catastrophe lors d'une sortie extravéhiculaire, laissant deux astronautes livrés à eux-mêmes dans l'espace. Même si le duo Sandra Bullock et George Clooney fait des étincelles, c'est surtout la réalisation, aux ambitions affichées, qui est acclamée par la critique.
Un défi technique colossal pour simuler l'espace
Alfonso Cuarón déclarait à l'époque : « Chivo (Emmanuel Lubezki, directeur de la photographie), Tim (Webber, superviseur des effets spéciaux) et moi avons souhaité que les plans soient réalistes, pour qu'on ait l'impression qu'on s'est contenté de filmer dans l'espace ». Un défi colossal qui a nécessité plus de quatre ans et demi de travail et un budget de 100 millions de dollars net, permettant au film de s'imposer à Hollywood.
Pour ce long-métrage à la croisée de la science-fiction et du thriller, les équipes ont dû repousser les limites techniques. Les effets spéciaux traditionnels n'étant pas suffisants, un dispositif totalement inédit a vu le jour : la fameuse « Light Box », un bijou technologique conçu pour restituer au mieux la gravité zéro.
La Light Box et des caméras robotisées : des innovations clés
Concrètement, la Light Box est un cube dont les parois intérieures sont recouvertes de milliers de minuscules lampes LED, offrant un éclairage optimal lorsque l'actrice tournoie dans l'espace. Les caméras, elles aussi, sortaient de l'ordinaire. Alfonso Cuarón expliquait : « Il s'agissait de robots de chaîne de construction automobile reprogrammés. Ce qui fait qu'elles pouvaient bouger dans tous les sens ». L'une d'entre elles a même été conçue dans une version miniaturisée pour être plus maniable dans la Light Box.
Encore plus fou, pour les longues scènes d'apesanteur, Sandra Bullock a suivi un entraînement spécifique avec un coach en mouvement. L'objectif était d'apprendre à se déplacer très lentement tout en conservant un débit de parole normal. Elle confiait : « Le cerveau ne fonctionne pas spontanément de cette façon. Il a fallu que j'habitue mon corps à se comporter comme s'il était dans l'espace ». Initialement, elle n'était pas destinée au rôle de Ryan Stone.
Un casting mouvementé et des récompenses prestigieuses
Trois ans plus tôt, Angelina Jolie avait signé pour incarner l'astronaute scientifique avant de se retirer. Alfonso Cuarón et son scénariste, son fils Jonás Cuarón, tenaient absolument à ce que le rôle principal soit incarné par une femme. Les équipes avaient envisagé Scarlett Johansson et Natalie Portman, cette dernière ayant dû décliner en raison de sa grossesse. Sandra Bullock a finalement récupéré le rôle, donnant à sa carrière l'occasion de décoller comme une fusée.
Au-delà de l'enthousiasme de la presse et du public, Gravity a séduit le monde de l'astronomie. Buzz Aldrin, le deuxième homme à avoir marché sur la Lune, se disait « impressionné par la représentation de la réalité de la gravité zéro ». Le Français Thomas Pesquet affirmait que les images étaient très réalistes, tout en reconnaissant certaines libertés scénaristiques, comme dans la scène de destruction d'une navette.
Cette audace a été récompensée : le film a remporté sept prix sur dix nominations aux Oscars en 2014, dont ceux de la meilleure réalisation, du meilleur montage, de la meilleure photographie et des meilleurs effets visuels. Alfonso Cuarón a également reçu le prix du meilleur réalisateur aux Golden Globes la même année.
Un succès au box-office et une influence durable
Côté box-office, Gravity a engrangé plus de 723 millions de dollars de recettes dans le monde et plus de 4 millions d'entrées en France. Aujourd'hui, certaines scènes peuvent sembler un peu désuètes, mais rappelons qu'elles ont été largement copiées, sans jamais atteindre la poésie de ce film lunaire. Gravity reste une référence en matière d'innovation technique et de réalisme spatial dans le cinéma contemporain.