Dans un documentaire intitulé « Le Bus : Les Bleus en grève », diffusé mercredi sur Netflix, les protagonistes du fiasco de l'équipe de France à la Coupe du monde 2010 livrent leur version des faits. Raymond Domenech, sélectionneur à l'époque, y dévoile son journal intime, où il confie ses « montées de haine » envers certains joueurs. Le capitaine Patrice Evra, William Gallas et Bacary Sagna témoignent également, offrant des récits toujours irréconciliables.
Un document personnel explosif
Raymond Domenech a donné accès au journal qu'il tenait en 2010, qui avait déjà inspiré son livre « Tout seul ». Ce document, selon les producteurs, révèle toutes ses émotions et frustrations. On y lit des phrases comme « Envie de disparaître loin de tout » ou « J'ai parfois des montées de haine envers ces abrutis », écrites après la défaite contre le Mexique (0-2). Le film revient en détail sur l'altercation verbale entre Domenech et Nicolas Anelka à la mi-temps de ce match, dont la révélation par L'Équipe a déclenché la crise.
Les versions divergent
Anelka a-t-il traité Domenech de « fils de pute » ? Le sélectionneur affirme n'avoir jamais entendu cela et n'avoir pas démenti par indifférence. De leur côté, Evra, Gallas et Sagna cherchent à contrer l'image de « caïds immatures » donnée par la ministre des Sports de l'époque, Roselyne Bachelot. Evra assure qu'Anelka était prêt à s'excuser en interne, mais que l'occasion ne lui a pas été donnée. Le capitaine confie être arrivé « fou de rage » à sa conférence de presse, où il a parlé de « traître parmi nous ». Après la grève, Evra aurait voulu s'excuser, mais Domenech aurait refusé, selon Evra pour maintenir l'image de « enfants gâtés ».
Une thèse inattendue
Le documentaire se conclut sur une théorie sur l'éventuelle « taupe » qui aurait alimenté les médias, un élément que Netflix demande de ne pas divulguer. Des journalistes de L'Équipe, Roselyne Bachelot, le chef de presse François Manardo et l'ancien préparateur physique Robert Duverne, en larmes, apportent également leur témoignage. Un producteur souligne que seize ans après, les blessures sont loin d'être refermées, à un mois de la prochaine Coupe du monde.



