Une résidence artistique au cœur des vignes
Le domaine viticole du château de Stony, situé à La Peyrade, a accueilli une résidence artistique du 27 avril au 7 mai. Sélectionné par l'association Cinéstoria, ce lieu s'est révélé idéal pour la deuxième édition d'Istòria Lab, une résidence d'écriture transfrontalière entre la France et l'Espagne.
Quatre auteurs aux projets variés
Cette année, quatre auteurs ont été retenus, porteurs de récits forts ancrés dans des réalités sociales actuelles :
- Roma Garcia Longoria avec Veni, vedi, Icsi, qui aborde le thème de l'infertilité féminine et du désir d'enfant.
- Chloé Leonil et son œuvre Trois, où deux jeunes sans-abri devenant parents craignent les services sociaux et fuient vers l'Espagne.
- Élisabeth Silvero, reconnue pour Paradise, qui parle d'amours entre femmes dans une station de la Costa Brava.
- Bruno Morat pour Vincent, Serge et les autres, un documentaire sur son grand-père Serge, 80 ans, vivant reclus en Espagne, convaincu de posséder des tableaux de Van Gogh.
Un accompagnement professionnel
Les auteurs, choisis pour leurs parcours prometteurs, ont vécu en immersion au gîte du Château de Stony. Dans une bulle hors du temps, ils ont développé leurs projets avec le soutien de professionnels : Miguel Machalski, scénariste et consultant argentin ; Léa Triboulet, réalisatrice et autrice formée à la Film Factory de Béla Tarr ; Jérôme Blesson, producteur ; et Juliette Chapal, directrice de Cinéstoria.
Des projets de la fiction au documentaire
« Istòria Lab est une initiative de Cinéstoria financée par Montpellier Métropole, la Région Occitanie et le CNC », explique Juliette Chapal. « Elle réunit chaque année des auteurs des deux pays autour de projets cinématographiques inédits, ouverts à la fiction, à l'animation et au documentaire. »
Les auteurs ont alterné écriture en autonomie, moments collectifs et ateliers pour avancer ensemble. « Vivre ensemble permet de conscientiser nos idées au réel de l'autre, c'est un accélérateur », déclare Roma Garcia Longoria. « À Frontignan, au bord des vignes, je ressens une similitude avec mon Estrémadure natale. » Pour Bruno Morat, « la résidence est de l'ordre de la maïeutique. Avec cette lumière unique et les vignes toutes proches, on est presque dans un lien organique, nécessaire après notre activité cérébrale intensive. Marcher dans les vignes nous inspire et nous permet de structurer nos idées. »
Au cours de cette résidence, ils ont avancé dans leurs scénarios, qu'ils présentent « comme un outil plutôt qu'une œuvre », ont créé du lien professionnel et poursuivront leur travail.
Une suite à Toulouse
La résidence se poursuivra du 5 au 10 octobre à Toulouse, lors des journées professionnelles du Festival Cinespaña, où les participants pourront rencontrer des producteurs et des diffuseurs.



