Cherien Dabis révèle les blessures invisibles de la Palestine dans son œuvre cinématographique
Dans une interview exclusive, la réalisatrice et comédienne Cherien Dabis dévoile les motivations profondes qui ont guidé la création de son troisième long-métrage, « Ce qu'il reste de nous ». Ce film constitue une fresque historique et intime qui retrace le destin de la Palestine depuis 1948, en s'appuyant sur des souvenirs familiaux personnels.
Une exploration du trauma palestinien à travers les générations
« Je veux montrer comment le trauma palestinien se transmet de génération en génération », explique Cherien Dabis avec une conviction palpable. Son œuvre cinématographique s'attache à mettre en lumière cette réalité souvent occultée par les récits historiques officiels.
Le film aborde plusieurs dimensions fondamentales :
- Le traumatisme profond de la guerre et de l'expatriation forcée
- La mémoire familiale comme témoignage historique
- Les silences qui entourent les expériences palestiniennes
- La résilience face à l'adversité historique
Une approche cinématographique sensorielle et engagée
Cherien Dabis, qui a récemment été vue dans « Les Aigles de la République » de Tarek Saleh, adopte une approche cinématographique remarquablement nuancée. Son film parvient à être engagé sans tomber dans le piège d'une idéologie simpliste, créant ainsi une œuvre à la fois personnelle et universelle.
La réalisatrice précise : « Ce qui n'est pas dit n'existe pas. Ce qui n'est pas montré non plus. » Cette conviction anime toute sa démarche artistique, transformant des souvenirs intimes en témoignage historique précieux.
Un hommage à l'enfance et aux vécus silencieux
« Ce qu'il reste de nous » représente bien plus qu'un simple film historique. C'est un hommage poignant à l'enfant que Cherien Dabis a été, ainsi qu'à toutes les expériences palestiniennes qui sont restées dans l'ombre pendant des décennies.
L'épilogue du film, inspiré d'une histoire vraie, fait germer un espoir fragile mais profondément bouleversant. Cette conclusion témoigne de la capacité de résilience du peuple palestinien malgré les traumatismes accumulés.
Une carrière cinématographique engagée
Avec ce troisième long-métrage après « Amerrika » (2009) et « May in the summer » (2013), Cherien Dabis confirme son engagement artistique en faveur de la mémoire et de la vérité historique. Son travail cinématographique s'inscrit dans une démarche de témoignage et de transmission essentielle pour comprendre les réalités palestiniennes contemporaines.
La réalisatrice a présenté son film lors du Festival international du film de la mer Rouge 2025 à Djeddah, en Arabie saoudite, démontrant ainsi la portée internationale de son message artistique et humaniste.



