« Ce qu'il reste de nous » : une fresque palestinienne mêlant histoire et intimité
« Ce qu'il reste de nous », fresque palestinienne historique et intime

« Ce qu'il reste de nous » : une fresque palestinienne entre histoire et intimité

Le film « Ce qu'il reste de nous », réalisé par Cherien Dabis, avec Cherien Dabis et Saleh Bakri, sort en salles le 11 mars 2026. Cette œuvre germano-chypriote d'une durée de 2h25 propose une grande fresque à la fois historique et intime sur la Palestine, dessinant le destin d'une famille contrainte de quitter son pays et de traverser un siècle de conflit d'une actualité toujours brûlante.

Une saga autobiographique et humaniste

Très clairement autobiographique, le scénario se construit comme une parabole et chemine vers une conclusion porteuse d'espoir, sorte de morale humaniste au cœur d'une réalité délétère. Le film commence en 1988 avec une séquence d'ouverture puissante : deux jeunes garçons participent à une manifestation qui sombre dans le chaos et le sang, l'un d'eux se réfugiant dans une voiture dont le pare-brise se fissure sous une balle. Cette scène initie la manière dont la mise en scène va prendre en charge le récit, distillant le déterminisme de la violence à l'œuvre dans cette région du monde.

Une mise en scène anxiogène et réaliste

La question irrésolue de la survie du jeune homme contamine l'histoire, reflétant le mouvement inéluctable dont la tension et l'anxiété passent par le cadre et le montage. Plus la fiction réaliste progresse, plus l'horizon s'assombrit autour des protagonistes :

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  • Dans les maisons, les rideaux se tirent.
  • On mure à la hâte les fenêtres qui ne laissent plus passer le soleil.
  • Les extérieurs se désertifient.
  • L'image se densifie, mais toujours plus exsangue, envahit la largeur du scope comme le fait la peur environnante.

Un regard politique frontal et interrogatif

Cherien Dabis, sans se départir de son inflexion politique, ne prend pas le spectateur au piège d'un militantisme appuyé. Elle se tient moins dans la condamnation sommaire que dans un regard frontal et interrogatif sur une mémoire historique trop souvent niée. Cette approche permet de saluer l'importance testimoniale de cette fresque, offrant une perspective unique sur le vécu palestinien.

Le film, noté trois étoiles par Xavier Leherpeur, représente une contribution majeure au cinéma engagé, mêlant réalisme et poésie pour explorer les thèmes de l'exil, de la résistance et de l'espoir dans un contexte de conflit persistant.

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