« Aucun autre choix » : Park Chan-wook revisite le thriller social avec une maestria baroque
Le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook, célèbre pour ses œuvres cultes comme « Old Boy » et « Mademoiselle », revient avec un nouveau thriller intitulé « Aucun autre choix ». Ce film, qui sort en salles le 11 février 2026, s'empare de l'intrigue improbable du roman de Donald Westlake, « Le Couperet », pour en faire une exploration virtuose des obsessions capitalistes et des mensonges sociétaux.
Une adaptation imprévisible et retorse
L'histoire suit Yoo Man-soo, incarné par Lee Byung-hun, un cadre licencié après des années de loyaux services dans une papeterie. Désespéré, il décide d'assassiner tous ses concurrents potentiels pour un futur poste, dans une croisade meurtrière qui révèle les failles d'une société sud-coréenne obsédée par la réussite et la perfection illusoire. Park Chan-wook transforme ce récit, déjà adapté il y a vingt ans par Costa-Gavras avec José Garcia, en une œuvre baroque et totalement imprévisible, à cheval entre farce sociale et romantisme tragique.
Le film repose entièrement sur une mise en scène déconcertante, fidèle au style unique du réalisateur, tout en introduisant des éléments inattendus. Par exemple, la famille de Yoo Man-soo, avec une épouse trop belle et des enfants aux prénoms identiques à ceux des chiens, symbolise l'idéal superficiel que la société impose, masquant des réalités plus sombres.
Un ballet meurtrier et virtuose
Dès la première scène de meurtre, le spectateur est plongé dans un ballet laborieux et virtuose, où les rôles de tueur, victime et témoin s'entremêlent de manière confuse. Cette séquence illustre parfaitement comment Park Chan-wook brouille les pistes, créant un pamphlet hitchcocko-cartoonesque qui questionne l'obsession capitaliste et la quête de perfection. Lee Byung-hun, aux côtés de Son Ye-jin et Park Hee-soon, livre une performance intense, portant ce récit sur l'obsolescence humaine face au numérique et à l'intelligence artificielle.
Le film déconcerte par son approche unique, mêlant humour noir et tragédie, pour offrir une critique acerbe d'une société où tout le monde ment pour cacher ses faiblesses. Cette œuvre, d'une durée de 2 heures et 19 minutes, promet de captiver les amateurs de thrillers intelligents et de cinéma coréen.



