Amanda Seyfried brille dans Le Testament d'Ann Lee, un rôle prophétique ignoré par les Oscars
Amanda Seyfried : performance époustouflante dans Le Testament d'Ann Lee

Amanda Seyfried livre une performance magistrale dans Le Testament d'Ann Lee

Dans Le Testament d'Ann Lee de Mona Fastvold, Amanda Seyfried offre une interprétation si époustouflante qu'il semble incompréhensible qu'elle ne soit pas, au minimum, citée aux Oscars. Entre fable mystique et comédie musicale, l'actrice se métamorphose en Ann Lee, la prophétesse anglaise du XVIIIe siècle, avec une intensité qui laisse les spectateurs sans voix.

Une incarnation lumineuse d'une figure historique méconnue

Amanda Seyfried est à des années-lumière de ses rôles précédents, que ce soit l'adolescente de Lolita malgré moi ou la bourgeoise de La Femme de ménage. Ici, elle incarne Ann Lee (1736-1784), fondatrice de l'« Organisation de la Société Unie des Croyants dans la Deuxième apparition du Christ », plus connue sous le nom de « Shakers » en raison de leurs danses incantatoires.

La scénariste de The Brutalist redonne vie à cette femme extraordinaire avec l'aide de Brady Corbett pour le scénario, du compositeur Daniel Blumberg et de la chorégraphe Celia Rowlson-Hall. Le résultat est un film aussi original que clivant, où séquences de transe et de danse s'entremêlent à des chants et hymnes pour brosser le portrait d'une visionnaire.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le défi d'incarner une prophétesse

Qui était Ann Lee selon vous ? C'était une femme habitée qui a créé le mouvement des Shakers, à qui l'on doit un style architectural distinctif et diverses inventions pratiques. Convaincue que Dieu pouvait prendre l'apparence d'une femme et qu'elle en était la seconde incarnation, elle a développé sa propre secte en Amérique, connu des transes, des visions précises, et aurait même lévité.

Comment êtes-vous parvenue à cette intensité de jeu ? « Je savais que c'était un défi incroyable. Cela s'est déroulé étape par étape. J'ai appris à parler avec le bon accent. J'ai répété les hymnes pendant huit mois, parfois chez la réalisatrice, parfois chez le compositeur Daniel Blumberg. J'ai pris tout cela très au sérieux. »

L'actrice ajoute : « Ann Lee était une femme étonnante. Je me sentais en sécurité pour aller le plus loin possible, même si c'était effrayant car c'était une énorme responsabilité, surtout vis-à-vis de la réalisatrice Mona Fastvold. Je ne voulais pas détruire sa vision. »

La découverte d'une figure oubliée de l'histoire

En aviez-vous entendu parler avant de l'incarner ? « Pas du tout, et pourtant j'ai fait mes études aux États-Unis. C'est peut-être parce qu'elle était une femme et qu'on efface souvent les femmes des livres d'histoire, ou parce qu'elle ne pensait pas à la postérité. Elle cherchait juste à créer un endroit sûr. »

Ann Lee avait connu des expériences difficiles, comme des accouchements terribles et la perte de ses enfants. Elle croyait en l'égalité des genres, une vision très moderne pour son époque. Sa méthode ? Libérer les tensions sexuelles par le mouvement, la danse et des vocalisations gutturales pour atteindre la pureté.

Foi personnelle et équilibre professionnel

Est-il nécessaire d'être croyante pour incarner Ann Lee ? « Je ne pratique pas de religion, mais j'ai une grande connexion avec la nature, peut-être parce que je vis depuis treize ans dans une ferme perdue au milieu d'une forêt. Je me sens de plus en plus habitée avec une foi qui grandit chaque jour. Pour moi, Dieu n'a pas l'apparence d'un être humain. Je l'imagine plus comme un arbre. »

Comment organisez-vous votre carrière entre films commerciaux et œuvres pointues ? « Tout est une question d'équilibre. C'est ce qui me permet de me sentir bien dans ma vie d'actrice et de femme. Les animaux de ma ferme m'aident à garder les pieds sur terre. M'occuper d'eux est ma grande passion. Je mène une existence très saine en dehors des plateaux. C'est peut-être cela, avoir le meilleur de deux mondes. »

Amanda Seyfried accueille la presse avec le sourire aux lèvres et des aiguilles à tricoter à la main, symbolisant peut-être cet équilibre entre tradition et modernité qu'elle incarne si bien à l'écran.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale