« Alpha » : une fable fantastique entre trauma, addiction et souvenirs
Le troisième film de Julia Ducournau, intitulé « Alpha », est une fable fantastique qui explore les thèmes du trauma, de l'addiction et des souvenirs. Présenté de manière mouvementée au Festival de Cannes au printemps 2025, le film a suscité des réactions mitigées, mais mérite qu'on ne s'arrête pas aux premières impressions.
L'histoire suit la complicité entre une adolescente et son mystérieux oncle toxicomane, interprété par un Tahar Rahim convaincant en junkie émacié, comme revenu d'entre les morts. La cinéaste de « Titane » malaxe une matière humaine plus dense et personnelle qu'à l'accoutumée, offrant une psychanalyse à ciel ouvert.
Le film est marqué par une surdose de métaphores, notamment une épidémie mortelle qui fait écho aux années sida, un trop-plein d'intentions et un bouillonnement des affects. La scène du repas de famille, où se télescopent traumas brûlants et souvenirs vaporeux, est un sommet du film.
Parfois entortillé sur lui-même, « Alpha » est sauvé par une générosité de tous les instants. Il a l'allure d'une œuvre-monstre ballottée par ses fulgurances, ses inquiétudes et sa part d'inconscient. Un beau geste cinématographique.
Le film est diffusé ce jeudi 14 mai à 21h sur Canal+ Cinéma(s) et disponible à la demande sur myCANAL. Il s'agit d'un film fantastique français de Julia Ducournau (2025), avec Tahar Rahim, Golshifteh Farahani et Mélissa Boros. Durée : 2h08.



