Le Festival International de la BD d'Angoulême plongé dans une bataille judiciaire
La polémique qui entoure l'organisation du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême (FIBD) prend désormais une tournure judiciaire sérieuse. Le contentieux fait l'objet d'une assignation en référé pour des motifs de concurrence déloyale et parasitisme, marquant une escalade significative dans ce mauvais feuilleton qui dure depuis plusieurs mois.
Les parties en présence et leurs revendications
Franck Bondoux, l'organisateur privé désavoué du FIBD, et l'association historique détentrice des droits de l'événement annulé cette année ont officiellement intenté une action en justice. La procédure vise spécifiquement l'Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA), la structure chargée de mettre en place un nouvel événement BD de grande ampleur à partir de 2027.
Le tribunal judiciaire d'Angoulême a été officiellement saisi le mardi 24 février, comme l'a confirmé Delphine Groux, la présidente de l'association du FIBD. Cette démarche intervient alors que le dossier polémique connaît de nouveaux rebondissements, confirmant que la menace de poursuites judiciaires, évoquée précédemment, s'est concrétisée.
Une procédure accélérée et des enjeux financiers importants
Le calendrier judiciaire s'accélère de manière notable. Selon une assignation en référé consultée par l'Agence France Presse, l'ADBDA est citée à comparaître le mercredi 18 mars à 9h30 au tribunal d'Angoulême. David Caméo, le président de l'ADBDA, a indiqué ne pas avoir connaissance de cette assignation et précise avoir été alerté par l'AFP, soulignant le caractère urgent de cette procédure de référé.
Les deux requérants, Franck Bondoux et sa société 9e Art+ ainsi que Delphine Groux au nom de l'Association du FIBD, demandent au tribunal de faire cesser le trouble manifestement illicite qu'ils estiment causé par les démarches engagées par l'ADBDA. Ils se déclarent spoliés et victimes d'une tentative de dépossession d'un événement dont l'organisation échoit légalement à 9e Art+ jusqu'en 2027.
Leurs exigences judiciaires sont claires :
- L'annulation de l'appel à projets lancé le 9 janvier 2026 par l'ADBDA
- L'interdiction de tout acte tendant à l'organisation d'un événement alternatif en 2027
- Le paiement, à titre provisionnel, de 300 000 euros de dommages et intérêts
Cette somme de 300 000 euros serait répartie avec 250 000 euros versés à 9e Art+ et le reliquat à l'association FIBD, en réparation du préjudice subi selon les plaignants.
Les implications pour l'avenir de la bande dessinée à Angoulême
Ce contentieux judiciaire dépasse le simple cadre d'un différend entre organisations. Il touche au cœur de l'identité culturelle d'Angoulême, ville emblématique de la bande dessinée française. La décision du tribunal pourrait influencer durablement l'organisation des événements culturels majeurs dans la région et établir des précédents juridiques importants en matière de concurrence dans le secteur culturel.
La communauté des auteurs, éditeurs et amateurs de bande dessinée attend avec inquiétude l'issue de cette procédure, qui déterminera non seulement l'avenir du festival mais aussi les relations entre les différents acteurs du monde de la BD en France.



