Les organisateurs historiques du festival d'Angoulême tirent la sonnette d'alarme
Les structures historiques du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, écartées de l'organisation, alertent sur le risque de disparition de l'événement après l'annulation de l'édition 2026. Les organisateurs historiques du festival de la BD d'Angoulême, qui ont saisi la justice pour dénoncer leur mise à l'écart, en appellent ce mercredi à la ministre de la Culture pour sortir de la crise et éviter la « disparition » de l'événement, après son annulation programmée en 2026.
Un appel urgent à la ministre de la Culture
« L'Association du FIBD et 9eArt + en appellent à Catherine Pégard […] afin que, forte de ses responsabilités et prérogatives, elle établisse un cadre de dialogue réel et transparent permettant à ce festival de retrouver sa sérénité », écrivent les deux structures dans un communiqué, où elles se disent de nouveau victimes de « tentative de spoliation ». « Aujourd'hui, le calendrier nécessaire à l'organisation d'une édition 2027 est d'ores et déjà compromis. Le risque est dorénavant réel de voir disparaître un événement qui a mis cinquante ans à s'imposer comme une référence mondiale du 9e art », poursuit le texte, qui évoque « un festival massacré, un territoire sacrifié, des millions envolés. »
Une procédure judiciaire en cours
Principal rendez-vous mondial de la BD francophone, le festival d'Angoulême créé en 1974 est plongé dans une profonde crise qui a conduit à l'annulation de son édition 2026 et débouche aujourd'hui sur une guerre ouverte autour de son organisation en 2027. L'Association du FIBD, qui détient les droits du festival, et la société 9eArt +, qui en assure l'organisation depuis 2007, ont saisi les tribunaux, s'estimant écartées du processus actuellement en cours visant à faire émerger un nouveau festival en 2027. Une audience à Angoulême est désormais prévue le 20 mai.
Ces deux structures réclament notamment 300 000 euros de dommages et intérêts à l'Association pour le développement de la BD à Angoulême (ADBDA), qui regroupe financeurs publics et professionnels et qui a lancé un appel d'offres pour 2027, dont le résultat doit être dévoilé d'ici à la fin avril. « Le nom du lauréat s'apprête à être dévoilé sans qu'aucune garantie (de transparence) n'ait été respectée », estiment les deux organisations dans leur communiqué, retournant l'accusation « d'opacité » portée à leur égard.
Contexte de crise et polémiques récentes
Après une édition 2025 marquée par les polémiques, de nombreux auteurs et autrices avaient appelé au boycott du festival, dénonçant une dérive mercantile et le licenciement en 2024 d'une salariée de 9eArt + après une plainte pour viol. Éditeurs et financeurs publics avaient fini par lâcher les organisateurs, accentuant la crise institutionnelle. Cette situation complexe met en lumière les tensions entre :
- La préservation du patrimoine culturel historique du festival
- Les exigences de transparence et de gouvernance renouvelée
- Les impératifs financiers et organisationnels d'un événement de cette envergure
- Les attentes des auteurs, éditeurs et du public
L'avenir du festival, qui représente un pilier majeur de la culture bande dessinée en France et dans le monde francophone, reste donc incertain alors que les différentes parties prenantes s'affrontent sur son organisation future. La décision judiciaire du 20 mai et l'intervention potentielle du ministère de la Culture seront déterminantes pour l'orientation de ce conflit qui dépasse largement le cadre local pour concerner l'ensemble du secteur culturel français.



