Waterproof à Rennes : un festival qui résiste aux intempéries artistiques
Et si le nom d'un festival devenait un véritable label de fiabilité et de résistance artistique ? C'est le pari audacieux que semble avoir réussi le festival Waterproof, organisé par le Triangle, cité de la danse de Rennes. Fondé en 1985 dans le quartier populaire du Blosne, ce lieu emblématique a choisi en 2020 d'intituler son événement annuel Waterproof, en hommage au spectacle aquatique éponyme du chorégraphe Daniel Larrieu créé en 1986.
Mais cette dénomination va bien au-delà d'un simple clin d'œil historique. Elle symbolise une météo artistique étanche à toutes les intempéries, une programmation qui résiste aux modes éphémères et aux tempêtes culturelles. Cette philosophie de résistance a visiblement convaincu de nombreux acteurs du milieu, puisque la septième édition du festival a pu compter sur le soutien de 27 partenaires institutionnels et privés.
Une programmation éclectique et ambitieuse
Du 28 janvier au 8 février 2026, Waterproof a proposé au public rennais une vingtaine de pièces chorégraphiques d'une grande diversité esthétique. Le festival s'affirme comme une rampe de lancement essentielle pour de nombreuses créations contemporaines, avec une attention particulière portée aux jeunes générations d'artistes.
Parmi les temps forts de cette édition figurait Abîmes, le quatrième spectacle de Linda Hayford. Cette chorégraphe de 37 ans, qui codirige le Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, a présenté une œuvre d'une puissance visuelle remarquable au Théâtre national de Bretagne. Coproduite par le Centre national de la danse de Pantin en Seine-Saint-Denis, cette création révèle un sens atmosphérique qui flirte avec la science-fiction.
L'univers onirique de Linda Hayford
La scénographie d'Abîmes participe pleinement à l'immersion du spectateur dans cet univers chorégraphique singulier. Un dispositif de miroirs encercle la scène plongée dans l'obscurité, où évoluent sept danseurs aux mouvements précis et intenses. Ces surfaces réfléchissantes captent et transforment les lumières des projecteurs, créant des nappes colorées rouges ou bleues sur lesquelles semblent glisser des êtres traversés de microtremblements.
Cette œuvre illustre parfaitement la ligne artistique défendue par Waterproof : une danse qui ose explorer de nouveaux territoires sensoriels, qui questionne notre rapport au corps et à l'espace, et qui résiste aux classifications trop faciles. Le festival rennais confirme ainsi son rôle de laboratoire vivant de la création chorégraphique contemporaine, où émergent les talents qui façonneront la danse de demain.



