L'Abolition des privilèges à Nîmes : un sprint théâtral sur la nuit du 4 août 1789
L'Abolition des privilèges à Nîmes : un sprint théâtral

Le comédien Maxime Taffanel interprète L'Abolition des privilèges, un spectacle d'Hugues Duchêne inspiré par la nuit du 4 août 1789, présenté à Nîmes, Sommières et Clarensac. Dans cette pièce, il incarne seul une dizaine de personnages et raconte cette nuit historique où l'Assemblée a aboli les privilèges.

Un texte exigeant, un rythme effréné

Le texte de Bertrand Guillot a été adapté par Hugues Duchêne. Maxime Taffanel raconte : « Quand il m'a proposé le spectacle, j'avais déjà vu le spectacle. Je savais ce qui pouvait se passer en tant qu'acteur. Mais quand je me suis plongé dans l'apprentissage de ce texte, cela a été le plus dur à apprendre. » Il explique que c'est un cours d'histoire, avec des dates, un langage particulier, les discours de l'époque retranscrits par Bertrand Guillot.

Le metteur en scène souhaite un rythme effréné pour évoquer cette nuit qui ne s'arrête jamais, qui va à toute vitesse. Cela demande de l'énergie et de la précision. Hugues Duchêne est aussi musicien, il a joué du violon, et il y a un côté stakhanoviste du rythme. « Quand il a le rythme dans la tête, il veut le transmettre à son acteur. On peut parler de tempo », précise le comédien.

Un dispositif quadrifrontal pour une expérience collective

La pièce se joue dans un espace scénique spécial, quadrifrontal. Pour l'acteur, cela demande un éveil de chaque instant. L'éclairage est total, on voit les gens qui sont avec nous sur le plateau. Habituellement, le public est dans la salle et n'est pas éclairé. Avec ce dispositif, on ne peut pas se relâcher devant le regard de l'autre. On est observé des quatre côtés de la scène, il faut parler à chacun et assumer le fait que certains suivent, d'autres sont fatigués.

Dans le spectacle, Maxime Taffanel donne des rôles à des personnes qui sont dans le public. Comme ils sont éclairés, qu'il les montre, on voit les spectateurs sur leurs chaises se transformer en personnages. « Tout à coup, sa façon de s'asseoir, de regarder est autre. C'est très collectif », ajoute-t-il.

Un spectacle qui résonne avec l'actualité politique

La structure du spectacle alterne entre le récit historique et une actualisation de la question des privilèges. Dans une deuxième partie, le metteur en scène revient pour dire ce qu'il a vu et évoquer notre époque, par exemple le privilège de la non-contraception masculine. Ensuite, on retourne dans le récit historique pour évoquer les prémices de l'abolition, entre 1774 et 1789.

Interrogé sur l'importance du spectacle dans la situation politique actuelle, Maxime Taffanel répond : « C'est toujours d'actualité. Le spectacle tourne depuis 2024. Depuis cette date, il y a eu beaucoup de remaniements. Chacun refuse de sacrifier ses privilèges. Les gouvernements changent, c'est ce qui est raconté dans le spectacle avec Louis XVI qui cherche à remanier le gouvernement parce qu'il y a une crise. »

Ancien nageur de haut niveau, le comédien fait un parallèle entre sa carrière sportive et sa performance sur scène. Il explique que cela lui sert dans sa façon de partir à l'abordage d'un texte, d'être rigoureux avec un metteur en scène comme on peut l'être avec un coach. La répétition d'un spectacle est sérieuse comme un entraînement. Pour faire un sprint comme le souhaite le metteur en scène, il aime apporter une physicalité qui lui est propre, jusqu'à être transpirant, fatigué.

Les représentations ont lieu mardi 6 octobre à 20 h et mercredi 7 octobre à 19 h à l'Odéon, rue Pierre-Semard à Nîmes, avec des tarifs de 9 € à 17 €. Le vendredi 9 octobre à 20 h, le spectacle sera joué à l'espace Lawrence-Durrell, 245 boulevard Ernest-François à Sommières, de 5 € à 12 €. Enfin, samedi 10 octobre à 20 h, il sera présenté au foyer, place de la Mairie à Clarensac, de 5 € à 12 €. Réservations au 04 66 36 65 10.