Jowee Omicil, la joie et la spiritualité au Nîmes métropole jazz festival
Jowee Omicil, joie et spiritualité au Nîmes jazz festival

Le Nîmes métropole jazz festival (NMJF) vit son avant-dernière journée ce vendredi 16 octobre avec la venue de Jowee Omicil, saxophoniste québécois d'origine haïtienne, également flûtiste, trompettiste, pianiste et chanteur. Programmée au foyer socio-culturel de Cabrières, sa prestation s'annonce comme un moment fort de cette édition, portée par un artiste décrit comme "un soleil dans sa musique comme dans la vie".

Un hommage souriant à Miles Davis

Le dernier album de Jowee Omicil, intitulé SmiLes, se présente comme un "(très) libre hommage à Miles Davis". L'artiste explique sa démarche : "Miles nous a donné beaucoup ! On l'a mis beaucoup en avant, mais c'est aussi un gars qui a beaucoup joué un rôle d'intermédiaire. Grâce à lui on a découvert Herbie Hancock, Keith Jarrett, Marcus Miller, Kenny Garrett... Je voulais envoyer le projecteur ce Miles-là, celui qui révèle et celui qui explore."

Contrairement à ce que l'on pourrait attendre, l'album ne reprend aucun des thèmes du trompettiste légendaire. "Non, aucun de ses thèmes ! Je voulais lui rendre hommage autrement, avec notamment la chanteuse Malika Zarra et le trompettiste Ludovic Louis, mélanger du beat box, du roots, du hip-hop. Ça c'était Miles pour moi. Plein de mélanges, d'évolutions. Qu'est-ce que Miles aurait fait en 2026 ? C'est là, mon hommage."

Un parcours marqué par le père et la spiritualité

Le parcours de Jowee Omicil est profondément lié à son père, pasteur de métier, qui l'a initié à la musique dès l'enfance. "À 15 ans, mon père m'a amené à l'école de musique. C'était un grand trajet à Montréal. Il m'avait fait prendre le bus pour que je puisse ensuite faire le trajet seul. Bref, quand j'ai dit que je voulais faire du piano, mon prof a disjoncté. Il m'a dit, j'ai déjà 9 pianistes ! Alors je lui ai montré un autre instrument. C'était un sax alto. Il m'a dit vas-y."

Cette transmission paternelle a façonné son approche, entre religion et spiritualité. "Mon père était pasteur de métier et le canal, pour lui, c'était pour qu'on puisse jouer de la musique pour l'église. Lui il est religieux, moi, aujourd'hui, je suis spirituel. J'ai transposé. Selon moi, la solution, la paix, se trouve à l'intérieur de nous. Aujourd'hui, il a 91 ans. J'adore discuter avec lui. J'ai pu étudier, j'ai pu transposer grâce à lui. Je ne le remplacerai jamais."

Cette notion de transposition, chère aux musiciens, résume sa philosophie de vie : "Dans la vie, il ne faut pas toujours rester en 'Do'. On peut vivre en 'Do dièse', ou en 'ré'... Il faut pouvoir naviguer."

Une expérience cinématographique et une attente palpable

L'artiste a également croisé le monde du cinéma, notamment en jouant dans la série The Eddy réalisée par Damien Chazelle, sortie sur Netflix. "C'était une belle expérience. D'ailleurs, il n'y avait pas que Damien Chazelle comme réalisateur. Et puis il y avait de chouettes acteurs. Et je vais vous dire quelque chose, Damien, c'est un super batteur, il devrait faire un album." Il a aussi incarné Sammy Davis Jr dans Mr Aznavour avec Tahar Rahim, mais a refusé de jouer John Coltrane, se considérant plus "quelqu'un de vrai" qu'un acteur.

Pour ce retour au NMJF, Jowee Omicil se dit "trop hâte", après avoir dû refuser une invitation d'Ibrahim Maalouf aux arènes de Nîmes pendant le Covid, en raison du tournage de The Eddy. Sur scène, il sera accompagné de deux batteurs, TayTay (Taylor Philemon), 23 ans, et Yoann Danier, ainsi que de la bassiste Juia Richard. Pour les vingt ans du festival, il adresse un message de "communion et unité" et salue "Stéphane Kochoyan, pour ses qualités d'administrateur, de programmateur, mais surtout pour ses qualités humaines, ainsi que toute l'équipe du festival".

Le concert aura lieu ce vendredi 16 octobre au foyer socio-culturel de Cabrières, avec le Trio Zéphir en première partie. Les réservations sont disponibles sur nmjf.fr.