Jazz à Marguerittes : hommage à Jarrett et trio Sosa-Fresu-Gurtu
Jazz à Marguerittes : Jarrett revisité et trio inédit

Le Nîmes métropole jazz festival a offert une soirée d'exception samedi à Marguerittes, avec une reprise fidèle du mythique Köln concert de Keith Jarrett par François Mardirossian, suivie d'un trio inédit réunissant le Cubain Omar Sosa, le Sarde Paolo Fresu et l'Indien Trilok Gurtu. Le public, venu en nombre, a réservé une standing ovation aux trois musiciens.

François Mardirossian, fidèle à Jarrett

François Mardirossian, connu pour son humour, a d'abord fait rire l'assistance en racontant comment il avait manqué le concert de son idole à Bruxelles, préférant finir une bière. Mais une fois installé au piano, la magie a opéré. Il a restitué avec une dextérité remarquable la première partie de l'improvisation de janvier 1975, capturée sur l'album Köln concert. Les variations de jeu sont apparues avec une clarté nouvelle : tantôt une main gauche basique et une main droite virtuose, tantôt une main droite rythmique et une main gauche mélodique explorant les graves avec intensité.

Les célèbres cris de Jarrett étaient absents, mais les percussions du pied étaient bien là. L'émotion a embarqué le public. En bonus, Mardirossian a offert deux improvisations moins connues : un bis d'un concert à Tokyo en 1976 et un autre du concert bruxellois qu'il avait raté en 2015.

Un trio aux sonorités inédites

La seconde partie a mis en scène un trio étonnant, véritable mix culturel : Omar Sosa au piano, Paolo Fresu à la trompette et Trilok Gurtu aux percussions. Leur musique a combiné énergies, idées et talents pour créer un live unique. Fresu a revisité le bugle avec une touche électrique, tout en faisant planer sa trompette au naturel. Sosa a enchaîné les rythmes cubains avec des nappes évoquant les années 80. Gurtu, sorcier des percussions, a ajouté une multitude de sons exotiques à sa batterie.

La mise en place des compositions était parfaite. En fin de concert, Sosa et Gurtu ont offert une « battle » d'onomatopées rythmiques qui a valu une standing ovation, avant la reprise du classique cubain Peanut vandor pour conclure la soirée.