La Biennale de Venise privée du pavillon sud-africain après une polémique politique
Pavillon sud-africain absent de la Biennale de Venise

Le pavillon sud-africain absent de la Biennale de Venise pour la première fois en treize ans

Une installation audiovisuelle de l'artiste Gabrielle Goliath, présentée lors de la pré-ouverture de la Biennale d'art contemporain de Venise le 16 avril 2024, restera finalement invisible au public international. Pour la première fois depuis 2011, il ne sera pas possible de visiter le pavillon officiel sud-africain lors de la 61e édition de la Biennale, prévue du 9 mai au 22 novembre 2024.

Un processus de sélection indépendant contrarié par des considérations politiques

Le pays, qui ne manque pourtant pas d'artistes de renommée mondiale, avait délégué le choix des œuvres à un comité indépendant pour cette édition, rompant avec la tradition gouvernementale. Initialement chapeautée par l'ancienne directrice du musée Zeitz Mocaa du Cap, la commissaire suisso-camerounaise Koyo Kouoh, décédée en mai 2023, la sélection s'était portée sur l'artiste Gabrielle Goliath et la conservatrice Ingrid Masondo.

Leur projet, intitulé Elegy, devait présenter des films de performance où des chanteuses se succèdent pour tenir une note en hommage aux victimes de violences raciales ou genrées, créant ainsi une forme de deuil collectif poignant.

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La polémique autour d'un hommage à Gaza scelle le destin du pavillon

Cependant, le ministère de la culture et des sports sud-africain a confirmé au Monde que « nous n'exposerons rien à la Biennale de Venise cette année ». La décision fait suite au choix des artistes de dédier l'un des hommages aux victimes de Gaza, notamment à la poétesse Hiba Abu Nada, tuée le 20 octobre 2023 lors d'une frappe israélienne à Khan Younès.

Dans une lettre datée de décembre 2023, le ministre Gayton McKenzie a qualifié ce sujet de « nature très clivante », estimant qu'il dépassait le cadre artistique pour entrer dans le domaine politique. Cette position a conduit au retrait complet de la participation sud-africaine, marquant un tournant dans la relation entre l'art et la diplomatie culturelle du pays.

L'absence du pavillon sud-africain prive ainsi la Biennale d'une voix artistique majeure, tandis que le débat sur la liberté d'expression et les limites de l'engagement politique dans l'art contemporain continue de faire rage dans les milieux culturels internationaux.

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