Invitée d'honneur en Dordogne du jeudi 14 au dimanche 17 mai, Léa Zanotti effectuera une démonstration sous la halle d'un art tout en finesse et en minutie. Elle a présenté ses premières pièces de céramique pour se payer un voyage au Vietnam. « Avec ma mère et ma petite sœur, on a acheté un four et on a fait un marché et une exposition à la maison », raconte, amusée, Léa Zanotti. Aujourd'hui, cette artiste est une des deux invitées d'honneur du marché céramique de Bussière-Badil (Dordogne), organisé pour le pont de l'Ascension, de jeudi 14 au dimanche 17 mai. Elle aura un stand sous la halle et effectuera des démonstrations en public. Tandis que l'autre invitée, Ingrid Van Munster, exposera ses sculptures à l'église.
« C'est le marché le plus agréable et le plus détendu que je connaisse », précise Léa Zanotti qui y était déjà invitée en 2025 par l'association organisatrice Quatre à Quatre. Ses réalisations avaient été très remarquées. Pourtant, elle ne se destinait pas à façonner la terre. Elle s'est d'abord dirigée vers des études de scénographie. Mais née dans une famille d'artistes à Toulouse, elle a toujours aimé dessiner. Elle a travaillé en autodidacte, en a fait son métier, et se consacre à la porcelaine dont elle apprécie « la finesse et ses humeurs surprenantes ».
Aujourd'hui, la trentaine venue, elle est installée à l'Uzine, à Graulhet, dans le Tarn. « Une ancienne mégisserie transformée en atelier collectif qui accueille 15 artistes et artisans. Ces contacts sont importants pour la création. »
Sa préférence pour le décor
« Ce qui me plaît, c'est le décor », poursuit Léa Zanotti. Elle commence par mouler la pièce, coule les engobes de terre colorée. Puis vient le travail de gravure avec une pointe sèche, une simple aiguille de potier, selon la technique du sgraffito (griffé, écorché). Le motif apparaît, révélant par contraste la couleur du dessous. C'est très long et minutieux, car Léa Zanotti se lance directement sur la pièce, sans dessin préalable. Elle réalise des séries de bols, assiettes, plats, sur des thèmes liés à la nature et aux animaux. Insectes, poissons, fleurs, arbres, ils sont traités avec poésie et une précision quasi-scientifique, dans des tons de noir ou de bleu cobalt.
À la gravure, s'ajoute dans plusieurs séries la peinture à l'engobe très dilué. C'est le cas pour les paysages qui se présentent comme de petites cartes postales et pour les visages des madones, empreints de douceur. Dans les sujets très ornementés, elle ajoute une pointe d'or, pour l'éclat.
La création de grandes pièces
Des bijoux aux abat-jour, la gamme des créations de l'artiste est vaste. Et avide de nouveautés, elle s'oriente aujourd'hui vers la réalisation de grandes pièces. C'est ce qu'elle compte faire en démonstration au marché de Bussière-Badil, où elle façonnera et décorera un grand vase, de quelque 45 centimètres de haut et pesant une centaine de kilos. Ses gestes seront filmés et projetés sur des écrans géants. Ce sera d'autant plus intéressant que cette technique de gravure n'a encore jamais été montrée au marché céramique.



