Ghislaine Portalis investit le musée Albert-Marzelles avec "RoseMarguerite"
Le musée municipal Albert-Marzelles de Marmande accueille jusqu'au 30 mai l'exposition "RoseMarguerite" de l'artiste Ghislaine Portalis. Cette présentation, inaugurée le 24 janvier, constitue la première exposition de l'année pour l'institution culturelle et met en lumière une artiste dont le parcours croise désormais régulièrement le Lot-et-Garonne.
Une artiste entre Paris et le Lot-et-Garonne
Ghislaine Portalis, dont l'atelier principal est situé à Paris, passe de plus en plus de temps dans sa demeure lot-et-garonnaise, à Labastide-Castel-Amouroux, près de Casteljaloux. Son arrivée dans la région est le fruit du hasard d'une visite. Passionnée d'art depuis sa jeunesse, elle a fréquenté l'école des Beaux-Arts de Dijon avant de s'installer aux Halles parisiennes à la fin des années 1960. Elle a longtemps mené de front une carrière d'enseignante en art et une pratique d'exposition.
Questionner les attributs du féminin et du masculin
Repérée par la directrice du musée, Mona Lévêque, via l'association Pollen de Monflanquin, Ghislaine Portalis a accepté l'invitation à exposer à Marzelles. Son travail interroge avec finesse les attributs du féminin et du masculin à travers des dessins représentant des robes et des sculptures. "Les œuvres conservées dans les collections du musée sont essentiellement des réalisations d'artistes hommes, dont certains qui ont beaucoup représenté le corps de la femme avec leur regard d'homme (dont, au premier chef, Abel Boyé). Nous voulions donc contrebalancer ce regard en accueillant Ghislaine Portalis", confirme Mona Lévêque.
Un clin d'œil à Abel Boyé et aux contes
Pour cet accrochage, l'artiste a notamment réinterprété le travail du peintre marmandais Abel Boyé. "J'ai complètement modifié les fillettes Rose et Marguerite, présentes sur deux de ses tableaux. Ici, je reprends un élément d'architecture arabe, le moucharabieh, qui cache les femmes dans leurs maisons, et les colonnes sont constituées de culottes", explique-t-elle avec amusement. Elle puise également son inspiration dans des contes comme "Barbe bleue" de Perrault, qui réservent souvent des sorts terribles aux femmes.
Si Ghislaine Portalis questionne fréquemment la place de la femme dans la société, elle insiste sur le fait que "ce n'est pas un féminisme de revendication". Un peu plus loin dans l'exposition, elle adresse un clin d'œil à la collection La Bibliothèque rose. Au sous-sol du musée, les ouvrages sont remplacés par des coussins absorbants pour produits chimiques. "Je fais souvent s'affronter la douceur et la violence. Cela a marqué mon enfance. Je n'aimais pas lire !", se souvient l'artiste, qui présentera d'autres œuvres dans deux mois dans plusieurs villes du Maroc.
Animation famille et bibliothèque participative
En marge de l'exposition, le musée a récupéré une bibliothèque rose à la Maison d'Auber pour qu'elle devienne une boîte à livres. L'équipe invite les visiteurs à y déposer leurs livres roses ou de la collection La Bibliothèque rose. Par ailleurs, l'établissement propose une animation famille le mercredi 18 février : elle invite à jouer les stylistes à l'aide de jeux d'ombres et de lumière, de papier froissé et de matériaux de récupération. Cette activité est gratuite pour les enfants à partir de 4 ans accompagnés d'un adulte.
Forte fréquentation du musée
Concernant la fréquentation du musée, l'année 2025 a été marquée par une hausse significative avec 4 226 visiteurs, une progression notable par rapport à 2024, portée notamment par l'exposition "Figures d'enfance". Cette dynamique positive se poursuit avec l'accueil de l'exposition "RoseMarguerite".
L'exposition "RoseMarguerite" est à voir jusqu'au 30 mai au musée municipal Albert-Marzelles, rue Abel-Boyé à Marmande. L'entrée est gratuite. Renseignements au 05 53 64 42 04.



