Une exposition photographique interdite par la mairie de La Garde
Le photographe montpelliérain Romain Berger se retrouve au cœur d'une polémique artistique et politique. Son exposition, prévue fin avril à la Galerie G de La Garde, a été purement et simplement annulée par les autorités municipales. La raison invoquée ? Des visuels orientés vers des représentations à caractère sexuel explicite qui ne seraient pas compatibles avec la vocation familiale de l'espace d'exposition.
La justification municipale et la réaction de l'artiste
Dans un communiqué officiel, la mairie de La Garde a expliqué sa décision en soulignant que des familles et des enfants étaient susceptibles de voir les images dans le lieu. Cette position a immédiatement provoqué l'indignation de Romain Berger, qui a dénoncé sur ses réseaux sociaux ce qu'il considère comme une forme de censure déguisée.
Le collectif Fiertés Toulon monte au créneau
Face à cette annulation, le collectif Fiertés Toulon, qui défend les droits des artistes et de la communauté LGBTQIA+, a rapidement apporté son soutien au photographe. Dans un communiqué ferme, l'association a dénoncé une multiplication inquiétante d'annulations et d'interdictions d'événements LGBTQIA+ dans plusieurs communes du Var.
Une stratégie dénoncée comme systématique
Le collectif va plus loin dans son analyse, affirmant que ces décisions émanent de courants conservateurs ou de municipalités cherchant à préserver leur électorat. Qu'on ne s'y trompe pas : ce qui est à l'œuvre ici, ce n'est pas une décision ponctuelle. C'est une stratégie. Empêcher, faire taire, rendre invisible, peut-on lire dans leur déclaration.
Une proposition concrète : la Pride 2026 comme alternative
Au-delà des critiques, Fiertés Toulon a fait une proposition constructive au photographe montpelliérain. L'association souhaite accueillir son exposition dans le cadre de la Quinzaine des Fiertés 2026, offrant ainsi un espace où la création pourrait exister librement, selon leurs termes.
Des discussions déjà engagées
Nous sommes en discussion avec Romain Berger pour abriter son exposition lors de la Pride 2026, et ne pas laisser l'obscurantisme s'installer dans le Var, a confirmé le collectif. Cette initiative s'inscrit dans une volonté plus large d'offrir un refuge aux artistes et collectifs locaux dont les événements auraient été empêchés ou annulés pour des motifs similaires.
Un contexte régional tendu
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la liberté d'expression artistique et des droits LGBTQIA+ dans le département du Var. Le collectif Fiertés Toulon rappelle que l'acceptation des personnes LGBTQIA+ a connu ces dernières années des avancées réelles dans la région, mais déplore que des formes de pression et de censure persistent.
La situation reste donc tendue entre les défenseurs de la liberté artistique et les autorités municipales soucieuses, selon elles, de préserver le caractère familial de certains espaces publics. L'issue de cette controverse pourrait influencer d'autres décisions similaires dans la région à l'avenir.



