La dessinatrice de presse Coco, de son vrai nom Corinne Rey, était à Toulon vendredi pour inaugurer l'exposition de ses planches au théâtre Liberté. L'accrochage, visible jusqu'au 23 décembre, présente 44 dessins tirés de son livre « Signé Coco ». Elle y défend un métier libre et nécessaire, malgré les crises.
Une exposition de 44 planches au théâtre Liberté
Les murs du hall du théâtre Liberté à Toulon accueillent les dessins et caricatures de Coco, dessinatrice pour Charlie Hebdo et Libération. Les planches, issues de son livre « Signé Coco », retracent ses quatre premières années à Libération, où elle a succédé à Willem en 2021. Elles illustrent le nouveau temps fort thématique de la scène nationale Châteauvallon-Liberté, qui mêle spectacles, conférences, projections et rencontres.
Parmi les sujets croqués : Gisèle Pelicot, Nicolas Sarkozy, Donald Trump, la guerre en Ukraine, #MeToo, la lutte contre les violences faites aux femmes ou encore le réchauffement climatique. L'exposition est en accès libre et gratuit, dans le hall du théâtre, jusqu'au 23 décembre.
« Les bons dessins de presse sont ceux qui restent »
Interrogée par Nice-Matin, Coco explique que son livre est né du constat que certains thèmes traversent le temps. « Depuis que je suis arrivée à Libération en 2021, à la suite de Willem, j'ai touché aux dessins de presse au quotidien », raconte-t-elle. « Je me suis rendu compte, sur ces quatre ans, qu'il y a eu quand même des grands thèmes qui restent d'actualité. »
Pour elle, un bon dessin de presse doit pouvoir se comprendre des années plus tard : « C'est ceux qu'on peut regarder ensuite, un mois, un an, deux ans après, on les comprend toujours. » Elle souligne aussi l'exigence de renouvellement : « C'est l'exigence et la nécessité du métier, d'essayer de toujours trouver des nouveaux axes de travail, de suivre cette actualité et donner un angle nouveau. »
Un métier libre, mais pas sans danger
Interrogée sur l'avenir du dessin de presse comme contre-pouvoir, Coco répond : « Il est même nécessaire. En France, on se rend compte à quel point on a la chance de pouvoir faire ce métier et d'être libre, de pouvoir dire ce que l'on veut, même s'il y a un cadre, la limite c'est la loi. » Elle ajoute que le dessin suscite « du débat, de la discussion » et qu'il parle aux jeunes, notamment lors de rencontres avec des lycéens.
L'attentat contre Charlie Hebdo en 2015 reste présent dans son travail. « Le fait de continuer Charlie, de continuer à dessiner, c'est quelque chose qui fait qu'on est dans cette continuité-là », confie-t-elle. Elle évoque aussi les attentats et assassinats récents : « Il y a eu Samuel Paty, il y a eu un attentat devant les anciens locaux de Charlie. Il y a eu Dominique Bernard… » La femme de Dominique Bernard a lancé un prix littéraire depuis deux ans et demande à Coco de dessiner en direct lors de la remise des prix.
Pour la dessinatrice, il ne faut pas baisser la garde : « On a envie de rester toujours aussi combatifs. » L'exposition « Signé Coco » se tient jusqu'au 23 décembre au théâtre Liberté de Toulon, avec un accès libre et gratuit.