Juliann Fedele-Malard, 20 ans, a intégré le corps de ballet de l'Opéra de Paris à la rentrée, couronnant un parcours sans faute débuté à Saint-Maximin, puis formé à l'Académie Princesse Grace de Monaco et au Royal Ballet de Suède. Ce danseur, qui a commencé la danse classique à 11 ans, a gravi les échelons avec détermination, porté par sa passion et le soutien de sa famille.
Des premiers pas à Saint-Maximin à la révélation avec Nicolas Le Riche
Tout a commencé à Saint-Maximin, où le jeune Juliann, âgé de moins de 10 ans, admirait sa grande sœur Manon, danseuse. Il voulait faire comme elle, au grand bonheur de sa mère Nathalie, passionnée non-pratiquante, qui a cultivé l'amour de l'art chez ses enfants. Juliann assistait à tous les concours de Manon, jusqu'au Théâtre des Champs-Élysées, où il a pris son premier cours avec Nicolas Le Riche, lors d'un stage d'une journée qui a changé sa vie.
« La musique, pouvoir s'exprimer, faire des pirouettes, des sauts. C'est dans le classique où je me suis vraiment identifié et retrouvé. Je suis tombé amoureux », confie-t-il. Il a alors 11 ans. Frédéric Carré, son professeur à L'Entrechat à Trets, détecte son talent, développe son potentiel et le prépare à différents concours à Toulon et Aix.
Monaco, le Prix de Lausanne et Stockholm : une formation d'excellence
Sur les conseils de son professeur, Juliann passe des auditions à l'école de danse de l'Opéra de Paris et à l'Académie Princesse Grace de Monaco, reconnue pour ses enseignements spécifiques pour les garçons. Ils sont près de mille candidats ; à la fin d'une semaine intense, cinq filles et quatre garçons sont retenus. « C'était très dur physiquement, certainement le stage le plus dur que j'ai jamais fait. C'était aussi stressant mais je n'avais pas d'autres choix que de réussir », se souvient-il.
Il reste quatre ans à l'Académie, une école d'excellence où la pression est constante. En 2023, le directeur Luca Masala lui annonce sa sélection pour le Prix de Lausanne, une grande compétition internationale où l'on peut décrocher une bourse et intégrer une compagnie. Juliann se démarque et choisit le Royal Ballet de Suède, dirigé à l'époque par Nicolas Le Riche. « Je savais qu'il me voulait dans sa compagnie », dit-il. Il s'envole en 2024, à 18 ans.
Soliste en Suède puis entrée à l'Opéra de Paris
À Stockholm, il enchaîne les rôles emblématiques : Roméo et Benvolio dans Roméo et Juliette, où il retrouve son amie d'enfance Clara Boselli, puis le prince Siegfried dans Le Lac des cygnes. Il est promu deuxième soliste après deux ans de rôles marquants et une tournée en Espagne, faisant preuve d'une maturité et d'une détermination impressionnantes. « Je n'ai jamais rien lâché », affirme-t-il, soulignant que sa force mentale vient du soutien de sa mère et de sa sœur, « toujours à 100 % » avec lui.
Nicolas Le Riche, danseur étoile, l'encourage à passer le concours externe d'entrée à l'Opéra de Paris. Juliann arrive deuxième sur cent candidats. « Je repensais au petit garçon de Saint-Maximin. Partir de la maison à 13 ans ce n'est pas facile. Ça m'a forgé, donné beaucoup de force. Je savais que j'avais ma place », confie-t-il. Des sacrifices, oui, mais « je n'ai aucun regret. Je n'ai pas eu une adolescence comme les autres mais je n'en voulais pas d'autre ».
Un avenir prometteur au Palais Garnier
Intégrer le corps de ballet est déjà un aboutissement pour beaucoup, mais Juliann n'en a pas fini avec les concours. « Tous les ans, on peut passer des concours de promotion » pour gravir les échelons : quadrille, coryphée, sujet, premier danseur et étoile. L'aventure continue.
Ce samedi 10 octobre 2026, au Palais Garnier, il participera au défilé du ballet qui ouvre la saison de danse de l'Opéra national de Paris. « Le gala d'ouverture, un moment marquant », pour Juliann, sa sœur et sa mère.